TOUT COMPRENDRE SUR LES DEBRIS SPATAUX

Aujourd’hui, des centaines de milliers de débris spatiaux circulent autour de la Terre. Le 3 juillet 2019, un petit satellite, un Cubesat de 3 unités cubiques (3U), a été lancé depuis la Station spatiale. L’objectif : analyser la rentrée prochaine dans l’atmosphère de ce « faux » débris. l’ISAE-Supaéro, l’ONERA, et le CNES ont collaboré pour réaliser ce petit satellite dédié, EntrySat. Comment un objet se comporte-t-il dans l’espace ? Une fois en orbite, quand, à quelle vitesse, et dans quelles conditions, se désagrège-t-il lorsqu’il revient? Avec la montée en puissance des nanosatellites et l’application de la LOS en 2021 (Loi d’Opérations Spatiales), peut-on prévoir la trajectoire d’un débris spatial ? Des questions simples, mais qui ont nécessité l’expertise conjointe de l’ONERA, de l’ISAE-SupAéro et du CNES. En 2012, les 3 entités répondent conjointement à un appel d’offres européen, le projet QB50. L’ONERA, fort de son expérience dans le domaine de la rentrée atmosphérique acquise pour des projets civils comme militaires, lance l’idée d’utiliser un CubeSat, afin d’analyser sa retombée dans l’atmosphère ultérieure. L’ONERA peut en effet s’appuyer sur sa capacité de modélisation et de simulation avancées pour calculer divers scenarii, avec des objets de diverses formes. Il a, par exemple, collaboré récemment aux missions européennes IXV (Intermediate Experimental Vehicle) et Exomars. Une idée qui n’aurait pas pu se concrétiser sans l’important travail de l’ISAE-SupAéro, qui a entièrement réalisé EntrySat et préparé la mission, et le soutien financier du CNES, qui a également fourni les panneaux solaires..

De l’Europe vers Mars et inversement

28 mai 2019 L’Europe est en orbite autour de Mars depuis plus de quinze ans, et elle est à presque un an de lancer son premier rover, mais elle regarde déjà au-delà, vers une mission de retour d’échantillons de la planète rouge. Y-a-t-il un jour eu de la vie sur Mars ? Reconstruire l’histoire de notre voisine et comprendre comment son évolution a divergé de celle de la Terre est au cœur de toutes les missions d’exploration martiennes. La quête de l’ESA a débuté il y a seize ans, le 2 juin 2003, avec le lancement de Mars Express. L’orbiteur a photographié à ce jour la presque totalité de la surface et continue de renvoyer une mine de données, y compris les preuves d’un passé plus humide. Et où il y a eu de l’eau, il y a pu y avoir de la vie. Les chiffres clés de la mission Mars Express En 2016, l’ESA et Roscomos ont lancé l’orbiteur d’étude des gaz à l’état de traces (TGO), qui est avec ses 3,7 tonnes l’engin spatial le plus lourd en orbite autour de Mars à ce jour. TGO procède à un inventaire détaillé des gaz atmosphériques de Mars et vise à établir si certains de ces gaz auraient une origine géologique ou biologique. La sonde procède également à une cartographie détaillée de la glace d’eau ou des minéraux hydratés présents à faible profondeur sous la surface de Mars. TGO a également un rôle de relais de communication, dans un premier temps pour l’atterrisseur Insight et le rover Curiosity de la NASA, actuellement sur Mars. Il sera le principal relais de communication de la seconde mission ExoMars, qui comprendra un rover et une plateforme scientifique. Le lancement de cette mission est prévu en juillet 2020, pour une arrivée aux environs de Mars prévue en mars 2021. Après sa descente de la plateforme scientifique et une étude des alentours, le rover, nommé Rosalind Franklin, localisera des sites scientifiquement intéressants à examiner. Il extraira des échantillons du sol à une profondeur de 2m, une zone protégée des radiations qui bombardent la surface. Ces échantillons seront analysés dans le laboratoire embarqué dans le but d’y trouver d’éventuelles preuves de vie. Vue d’ensemble de la mission de retour d’échantillons Le rover de la NASA Mars 2020 atterrira également au début de l’année 2021 afin d’explorer le delta d’une ancienne rivière. En plus de ses objectifs scientifiques, il collectera et stockera des échantillons de sol dans des récipients de la taille d’un stylo. L’ESA étudie des concepts pour un rover qui récupérerait ces échantillons, environ 500g au total, et les amènerait jusqu’à un dispositif de la taille d’un ballon de football qui serait mis en orbite autour de Mars par une mission de la NASA. Une troisième mission, dirigée par l’ESA, localiserait les échantillons en orbite et les ramènerait en toute sécurité sur Terre. Infographie: vue d’ensemble de la mission de retour d’échantillons Le retour d’échantillons de Mars sera un moment charnière de l’exploration spatiale. Cela permettra d’effectuer des études qui ne sont pas possibles dans les laboratoires embarqués, même très sophistiqués, et, c’est peut-être le plus important, de faire des découvertes à l’avenir, lorsque les techniques d’analyse se seront améliorées. Il est crucial de mieux comprendre l’environnement martien avant que l’humanité ne pose le pied sur la planète rouge. Les échantillons n’auront pas seulement une importance scientifique, ils aideront également à évaluer les risques liés à la poussière dans le sol, tant du point de vue de la santé que de l’exploitation des équipements. Ils nous donneront également des informations sur la manière d’utiliser les ressources de la planète, un aspect essentiel à la création d’un environnement autonome pour des séjours de longue durée sur Mars. L’Europe participe également à la mission Martian Moons Exploration de l’Agence spatiale japonaise, la JAXA, qui vise à étudier les deux lunes de Mars et à ramener sur Terre un échantillon de Phobos.

[The Spatial Times] Résumé du 8 juin 2019

Bienvenue à cette onzième édition de The Spatial Times ! Voici le résumé de cette semaine

Cela fait des milliards années que des astéroïdes laissent des cicatrices à notre planète. Pour la première fois ce mois-ci, l’humanité a laissé sa marque sur un astéroïde, et lors de la prochaine décennie, une mission internationale composée de deux sondes prévoit de laisser un impact bien plus gros sur un autre astéroïde.

Le 5 avril, la sonde japonaise Hayabusa2 a tiré un projectile en cuivre à très haute vitesse (environ 2km/s) dans le but de former un cratère sur l’astéroïde Ryugu. L’objectif de ce tir était de soulever des matériaux enfouis sous la surface afin qu’ils soient ramenés sur Terre pour y être analysés en détail.

Profil de la mission DART

“Fin 2022, la sonde américaine DART (Double Asteroid Redirect Test) s’écrasera sur le plus petit d’un système de deux astéroïdes appelé Didymos. Comme dans le cadre du test mené par Hayabusa2, cette collision devrait former un cratère et mettre à jour des matériaux situés sous la surface dans un environnement dont la gravité est encore plus faible, mais l’objectif principal est de dévier de manière mesurable l’orbite de l’astéroïde Didymoon, qui mesure 160m de diamètre. »

La sonde DART pèsera 550kg, et entrera en collision avec Didymoon à une vitesse de 6km/s. L’énergie d’impact devrait être suffisante pour réussir cette première expérience de défense planétaire consistant à dévier un astéroïde.


[RISE²] Résumé de l’événement !

La semaine dernière, nous avons pu venir en temps que visiteurs au forum RISE² de l’ENSTA ParisTech. Ce forum était dédié à mettre en avant l’innovation dans les différents domaines tel que le domaine spatial.

Parmi les stands, nous avons pu rencontrer quelques associations innovantes de l’ENSTA ParisTech comme la participation au Shell Eco marathon. et à l’HYDROcontest

De même, nous avons eu l’occasion d’assister à des conférences sur l’innovation avec de nombreux intervenants. Notre équipe a pu voir une conférence sur la place de l’innovation sur le domaine spatial.

Exemple du projet MARCO comme exemple d’innovation

[Forum SpaceWeek] Résumé de l’événement !

Bonjour à tous et à toutes,

La semaine dernière, l’Ecole Polytechnique (X) a organisé le forum « SpaceWeek« , un forum tourné vers le domaine spatial.

Hall avec les différents stands

Durant ce forum, les visiteurs ont pu rencontrer plus d’une dizaine de start-up, des entreprises, des écoles et aussi des laboratoires de recherches et ceux notamment de l’Ecole Polytechnique.

De même, nous avons pu assisté à plusieurs tables rondes avec de nombreux intervenants (présidents de start-up, des responsables du CNES et de l’ESA et aussi Jean-Jacques Dordain, l’ancien directeur de l’ESA).

Un exemple de table ronde sur la révolution de l’industrie spatial

Pour cette première version de ce forum spatial, l’Ecole Polytechnique a pu accueillir plus de 200 personnes durant les trois jours de l’événement. Pas mal !

Ensemble des intervenants durant les tables rondes

[The Spatial Times] Résumé du 16 novembre

Bienvenue à cette dixième édition de The Spatial Times ! Notre équipe est de retour pour vous proposer de cette semaine !

CNES / Microscope : La théorie de la relativité générale résiste toujours !

Tout au long de l’histoire, la communauté scientifique a mis en place t de nombreux modèles pour comprendre par exemple le fonctionnement de notre Univers et aussi de pouvoir effectuer des prédictions.

Parmi ces modèles, nous retrouvons la théorie de la relativité générale. Historiquement, la théorie de la relativité générale vient compléter des lacunes qu’avait la mécanique classique énoncée notamment par Newton.

Nous pouvons citer par exemple, le cas des oscillations de l’orbite de Mercure qui pendant plusieurs décennies laissaient penser qu’une planète, nommée Vulcain, se trouvait entre le Soleil et Mercure.  Cet exemple montrait que la mécanique classique de Newton était « insuffisante » à l’échelle de notre système solaire. L’erreur entre les valeurs expérimentales et les valeurs théoriques étaient de l’ordre de 43 secondes d’arc par siècle, soit une erreur de 43/3600 degrés en un siècle. Cette différence est infime mais elle est suffisante pour invalider une théorie. C’est cette démarche scientifique de tester nos théories qui nous permet d’avoir des modèles de plus en plus précis.

Oscillations de l’orbite de Mercure (l’excentricité est exagérée). Source : Dhenry, Wikipedia.

Depuis de nombreuses années, la communauté scientifique met à l’épreuve cette fameuse théorie à l’aide de nombreuses expériences de plus en plus précises. C’est exactement à ce moment que l’agence spatial française intervient. Depuis le 26 avril 2016, le satellite Microscope (MICROSatellite à traînée Compensée pour l’Observation du Principe d’Équivalence) teste la théorie générale avec des précisions impressionnantes

Vue d’artiste du satellite Microscope. Source : CNES.

En effet, ce « petit » satellite permet d’obtenir des résultats avec une précision de l’ordre de 10^-15.  Cet exploit technologique est rendu possible grâce à l’expérimentation directement dans l’Espace. Ainsi, le satellite qui n’est plus contraint par un environnement « hostile » pour ces expériences, possèdent une précision 100 fois meilleure que sur notre planète bleue.

Cela ne fait que depuis quelques jours que la mission de ce satellite est terminée et les résultats sont concluants : La théorie de la relativité générale tient toujours ! Avec ces résultats, la communauté scientifique va pouvoir élaborer des modèles de notre Univers avec une très grande précision.

Il est important que préciser que ces résultats ne montrent pas la théorie de la relativité générale est vraie. Cela veut dire que nous n’avons pas encore réussi à prouver qu’elle est fausse avec cette précision. La nuance est importante.

Pour finir, même si la mission principale est terminée, le CNES a un nouveau projet pour ce satellite : Le désorbitage des satellites en fin de vie.

Les deux mâts de Microscope. Source : CNES Virtual-IT 2018

En effet, ce petit satellite possède des mâts qui vont permettre d’augmenter considérablement son freinage. Ainsi, le satellite mettra seulement 27 ans pour effectuer sa rentrée atmosphérique au lieu des 73 ans prévus pour ce type de satellite à une altitude de 330 km. Il ne reste plus qu’à voir si cela fonctionne comme prévu.

Sources :

https://microscope.cnes.fr/

https://fr.wikipedia.org/wiki/Tests_exp%C3%A9rimentaux_de_la_relativit%C3%A9_g%C3%A9n%C3%A9rale#Avance_du_p%C3%A9rih%C3%A9lie_de_Mercure

https://microscope.cnes.fr/fr/la-fin-innovante-de-microscope


Rocket Lab : Lancement réussie !

Dans le domaine spatial, nous entendons beaucoup l’entreprise SpaceX pour ses exploits avec la Falcon 9 et la Falcon Heavy. Mais il existe une entreprise qui vient de faire un grand bond en avant dans le domaine spatial : Rocket Lab.

La fusée Electron de Rocket Lab sur le pas de tir. Source : Rocket Lab.

Ce 11 novembre, la fusée Electron de Rocket Lab a été lancée avec à son bord des trois petits satellites (aussi nommé smallsats). Historiquement, les satellites de petites tailles étaient envoyés avec les gros satellites en tant que remplissage. C’est la première fois qu’une entreprise a envoyé uniquement des smallsats dans l’espace.

Avec cet exploit, Rocket Lab vient d’ouvrir le marché des smallsats, un marché qui a été longtemps marginal par rapport aux grands satellites. Ce choix de Rocket Lab d’envoyer uniquement des smallsats est justifié par la démocratisation du spatial pour les écoles/universités et pour les entreprises plus modestes.  En complément à l’envoi des charges utiles, l’entreprise veut réduire considérablement le délai d’attente de l’envoi des satellites. En effet, actuellement, pour les entreprises « classiques », ce délai peut varier entre 18 et 24 mois.

De notre côté, nous trouvons passionnants de voir que des entreprises tels que Rocket Lab et SpaceX, par leurs actions, montrent que l’on peut toujours faire des choses fantastiques.

https://www.lesechos.fr/industrie-services/air-defense/0600142813974-satellites-rocket-lab-reussit-son-premier-lancement-commercial-2221940.php

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronautique-electron-petit-lanceur-prive-rocket-lab-reussi-mission-67421/


Etoile de population III : Enfin…on en a trouvé une !

Après avoir parlé du satellite Microscope et de la fusée Electron de Rocket lab, il est temps de prendre un peu de recul.

Dans l’histoire de notre Univers, il est admis (selon la théorie du Big Bang) que toute la matière était regroupée en un seul point. Ce n’est qu’après l’expansion très rapide de ce point que nous avons obtenu, après des millions/milliards d’années, notre Voie Lactée, notre système solaire et notre planète. Entre la naissance de notre Univers et notre civilisation, il y a eu une multitude d’étoiles qui sont nées et mortes. Grâce à la fusion nucléaire qui se trouvent à l’intérieur de ces étoiles, notre Univers a pu réaliser des atomes beaucoup plus lourds tels que le fer et l’or. C’est notamment grâce à la quantité de métaux présents dans les étoiles que nous sommes capables de dater ces dernières.

Cette semaine, c’est l’étoile binaire 2MASS J18082002-5104378, une étoile en orbite autour d’une autre étoile, qui s’est démarquée par son âge. En effet, en analysant la proportion des métaux dans cette étoile, nous avons estimé que cette étoile binaire est âgée de plus de 13,53 milliards d’années.

Vue d’artiste d’une étoile binaire ressemblant à 2MASS J18082002-5104378. Source : M. Garlick/University of Warwick/ESO.

Un tel âge est très impressionnant car cela veut dire que cette étoile fait partie des premières étoiles qui se sont formées après la naissance de l’Univers (entre 13,3 et 13,9 milliards d’années). Ces premières étoiles, classées comme des étoiles de population III, sont majoritairement constituées d’hydrogène et d’hélium et d’un infime partie de lithium. Ces étoiles sont extrêmement intéressante car elles sont les vestiges de la naissance de l’Univers. Ainsi, grâce à cette étoile, nous allons pouvoir affiner notre modèle sur la formation de l’Univers et aussi effectuer une prévision plus précise du futur de notre Univers.

 

Sources :

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronomie-cette-etoile-presque-aussi-ancienne-big-bang-record-44045/

https://en.wikipedia.org/wiki/2MASS_J18082002-5104378

 

 

[The Spatial Times] Pas de numéro cette semaine

Bonjour à toutes et à tous,

Nous sommes dans le regret d’annoncer que cette semaine (comme la semaine dernière..), il n’y aura pas de résumé de l’actualité spatiale ^^ » »

Notre équipe a été récemment malade et nous n’avons pas pu être en état d’écrire convenablement nos articles.

Nous allons revenir en force dès la semaine prochaine 🙂

[The Spatial Times] Résumé du 26 octobre

Bienvenue à la dixième édition de The Spatial Times ! Voici le résumé de cette semaine !

BepiColombo : En route vers Mercure !

Parmi toutes les fusées modernes, Ariane 5 possède un palmarès impressionnant. Et cette fusée a rajouté une nouvelle mission à son palmarès : la mission BepiColombo !

Vue d’artiste de la mission BepiColombo. Source : CNES

Cette mission développée par l’agence spatiale européenne (ESA) et l’agence spatiale japonaise (JAXA) a pour objectif d’explorer une planète peu explorée : Mercure. Bizarrement, nous avons réalisé plus d’explorations de Jupiter (5 unités astronomiques (ua)) et de Saturne (10 ua) que de Mercure (0,3 ua) . En effet, il n’y a que la sonde Mariner 10 (1973-1975) et la mission MESSENGER (2004-2015) qui ont survolé la petite planète tellurique. 

Le fait que nous que nous avons peu exploré Mercure vient du fait qu’il est plus difficile d’atteindre Mercure que Jupiter. En effet, il faut ralentir sa vitesse orbital de plus de 13 km/s et que l’orbite de Mercure est incliné de 7 dégrées. Dans le cas d’une trajectoire directe (ie on vise directement l’orbite de Mercure), il faudrait environ la même énergie pour aller sur Mercure depuis l’orbite basse de la Terre et que de mettre un objet en orbite géostationnaire. Pour expliquer très simplement, il faudrait mettre une fusée Ariane 5 en orbite pour aller se mettre en orbite autour de Mercure. Cela est bien évidemment impossible.

Pour résoudre ce problème, l’ESA et la JAXA ont utilisé une autre stratégie.  Avec l’augmentation de la puissance de calcul et aussi par l’amélioration dans le domaine de la mécanique orbitale de la mission BepiColombo, les sondes, MPO (Mercury Planetary Orbiter) et MMO (Mercury Magnetospheric Orbiter, renommée Mio par la JAXA)  vont effectuer des passages à proximité de Mercure pour au fur et à mesure faciliter sa mise en orbite.

Une fois que les sondes MPO et Mio se seront placées en orbite autour de Mercure en 2025, la sonde MPO a comme objectif  de cartographier Mercure, d’étudier sa composition et sa structure interne. Quant à Mio, cette sonde va devoir étudier la magnétosphère de Mercure. Ces données nous permettront de mieux comprendre la formation des planètes et aussi les évolutions des dernières au cours du temps.

Si cela vous intéresse, nous vous conseillons de faire une petite visite sur le site web de ce mission : https://bepicolombo.cnes.fr/fr 😉

Sources :

http://www.air-cosmos.com/bepicolombo-en-route-vers-mercure-116371

https://bepicolombo.cnes.fr/fr

https://fr.wikipedia.org/wiki/Exploration_de_Mercure#Histoire_de_l’exploration_spatiale_de_Mercure


Ariane 6 : Moteur…Action !

Dans notre précédent article, nous avons pu évoquer le palmarès impressionnant d’Ariane 5, il est temps de prendre des nouvelles de la petite nouvelle, Ariane 6. Le développement d’Ariane 6 suit son cours normalement. A l’heure actuelle, le calendrier d’Ariane est respecté (a contrario des autres constructeurs de fusées).

Afin de préparer au mieux Ariane 6, ArianeGroup vient d’effectuer une batterie de test sur le nouveau moteur-fusée Vinci. Ce moteur-fusée est un moteur à ergols liquides. Cela veut dire qu’il est capable de s’allumer à de multiples reprises pour permettre d’optimiser la trajectoire orbital.

Maquette du moteur Vinci au musée d’entreprise d’ArianeGroup de Vernon © P.-F. Mouriaux / Air & Cosmos

Ce banc d’essai a permis de pousser ce moteur au delà des performances prévues par le cahier des charges. Ainsi, durant les 148 tirs statiques, le moteur-fusée Vinci a pu accumulé plus de 52 156 secondes de fonctionnement avec un essai de 300 secondes avec vingt allumages successifs et un autre essai de 1 569 secondes.

Ces performances sont impressionnantes car un tel nombre d’allumages et une telle durée de fonctionnement ne sont pas nécessaires pour les différentes missions d’Ariane 6. Ces tests ont permis de montrer la robustesse et la fiabilité de ces moteurs-fusées.

Avec ces résultats concluants, le moteur Vinci va pouvoir être intégré à Ariane 6 en début de l’année 2019. Il ne reste plus qu’à attendre le vol inaugural d’Ariane 6 en 2020.

Sources :

http://www.air-cosmos.com/le-vinci-bon-pour-le-service-116275

https://www.safran-group.com/fr/media/140-essais-et-plusieurs-premieres-pour-vinci-le-moteur-dariane-6-20180215

 

 

[The Spatial Times] Résumé du 19 octobre

Bienvenue à la neuvième édition de The Spatial Times ! Voici le petit résumé de cette semaine !

Flash Iridium : Disparition d’un phénomène historique

De manière générale, la pollution lumineuse est une vraie plaie en astronomie. En effet, la moindre pollution lumineuse est suffisante pour réduire grandement le nombre d’astres visibles. Les astronomes professionnels doivent aller dans des zones isolés pour minimiser cette pollution. Cette pollution est notamment visible par la présence d’un voile jaunâtre ou rougeâtre lors des séances d’astrophotographie.

Présence d’un voile rougeâtre dû à la pollution lumineuse. Source : Astrum

Malgré cela, il existe une pollution lumineuse (autre que les avions) qui est magnifique à voir : Les Flash Iridium.

Un Flash Iridium est un phénomène où un flash lumineux sous la forme d’un trait qui dure entre quelques dixièmes de secondes et quelques secondes.

Exemple d’un flash iridium pris au photo au Fort Davis. Source : Société astronomique de Houston

Ces flash iridium sont tous simplement dû à la réflection de la lumière du Soleil sur les panneaux solaire des satellites Iridium. Déployées depuis les années 90, ces satellites de Motorola sont dédiées à la communication satellite.

Schéma explicatif du phénomène des flash iridium. Source : Apolo11.com

Cependant, ces magnifiques phénomènes vont bientôt disparaître de part l’arrivée de la nouvelle génération des satellites Iridium, Iridium Next. C’est le changement de la forme des satellites ne permet pas l’apparition de ce phénomène.

Le déploiement des derniers satellites de la constellation Iridium Next sera terminée le 30 décembre. Par conséquent, si vous voulez profiter de ce magnifique phénomène, nous vous conseillons de regarder les dates des prochaines flash iridium 😉

Sources :

https://spacenews.com/final-iridium-next-launch-scheduled-for-dec-30-falcon-9-mission/

https://www.insightobservatory.com/2015/10/observing-iridium-flares.html

https://www.astronomyhouston.org/members/public/galleries/lovercach/1353824994


Stratolauncher : Décès de Paul Allen

Cette semaine, l’entreprise Scaled Composites qui a développé l’avion Stratolauncher, vient de perdre Paul Allen, un des plus grands contributeur à ce projet et aussi le cofondateur de Microsoft.

Paul Allen à côté du Stratolauncher. Source : Paul Allen

Grand passionné par l’aéronautique, il a pu participer au développement de l’avion suborbital SS1 (SpaceShip One)  dévéloppée par Scaled Composites. Cet avion est connu pour avoir réalisé le premier vol privé dans l’espace en 2004.

C’est en 2011 que Paul Allen a fondé Stratolaunch Systems pour proposer un service de lancement de fusées en lançant les fusées à partir d’un avion en haute altitude.

Sources :

https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2018/10/16/mort-de-paul-allen-le-cofondateur-de-microsoft_5369819_3382.html

 

[The Spatial Times] Résumé du 12 octobre

Bienvenue à la huitième édition de The Spatial Times ! Voici le résumé de cette semaine !

Télescope Hubble : Problème à bord !

Dans le domaine des télescopes, il y a en un qui se démarque par sa localisation et par ses performances : le télescope Hubble.

Télescope Hubble vue depuis la navette spatiale Discovery. Source : NASA

Opérationnel depuis 1990, ce télescope est un bijou de technologies qui l’avantage d’être dans l’espace. Cela  lui permet de s’affranchir des perturbations liées à l’atmosphère terrestre. Avec son miroir de plus de 2 mètres de diamètre et une distance focale de 57,6 m, le télescope Hubble nous a déjà permis de réaliser de très grandes avancées en astronomie. Nous pouvons citer à titre d’exemple, la fameuse photo du champ profond en décembre 1995.

Champ profond de Hubble. Source : NASA

Cette photographie effectuée dans une zone « a priori » remplie uniquement de quelques étoiles a été une révolution dans le monde scientifique. Avec cette photographie de 2,5 minutes d’arc soit 2,5/60 de dégrée, il y a plusieurs milliers de galaxies. Cela veut ainsi dire que sur une zone équivalent à un bouton de chemise placé à 25 mètres, il y a plus de trois milles de galaxies.  En connaissant cela et en vérifiant dans d’autres zones, nous avons pu établir qu’il y a plus de 100 milliards de galaxies. Cette découverte nous a permis d’avoir une bien meilleure compréhension de notre Univers.

Malgré un palmarès impressionnant du télescope Hubble, ce dernier commence à subir les effets du vieillissement de ces composants. En effet, depuis quelques jours, un des gyroscopes de Hubble est désormais hors-service. Un gyroscope est un appareil qui en tournant sur lui-même conserve sa position initiale malgré les efforts réalisés sur ce dernier. En appuyant sur ce principe, Hubble est capable de s’orienter dans l’espace en prenant appui sur ses gyroscopes.La situation est critique car il ne reste plus que deux gyroscopes fonctionnels sur les six de base. Il faut au minimum trois gyroscopes pour effectuer des photographies de l’espace correctement.

Par mesure de sécurité, la NASA a décidé de mettre le télescope en mode Veille. La bonne nouvelle dans cet incident problématique est que la NASA savait que cela allait arriver un jour. L’agence spatiale américaine a déjà anticipé cet événement et cette dernière est en train de résoudre ce problème. Normalement, le télescope pourra reprendre ses activités mais demandera plus de temps pour effectuer ses manœuvres dans l’espace.

Cet événement est signe que le développement du successeur de Hubble, le télescope James-Webb devient de plus en plus urgent.  La pression sur ce futur télescope est d’autant plus importante que ce dernier subit depuis plusieurs années des retards de développement et nécessite une augmentation de budget chaque année.

Télescope James-Webb. Source : NASA

Pour nous rassurer, nous pouvons nous appuyer sur les observatoires terrestres. En effet, depuis quelques années, ces observatoires utilisent des miroirs à géométrie variable qui permettent de minimiser les perturbations de notre atmosphère. Malgré cela, il sera indispensable de garder un œil sur cette situation car le domaine de la recherche spatiale risque d’être grandement affectée si la situation s’aggrave.

Sources :

http://www.astronomy.com/news/2018/10/hubble-space-telescope-in-safe-mode-after-gyro-failure

https://www.theverge.com/2018/10/8/17951512/nasa-hubble-space-telescope-gyroscope-failure

https://www.theatlantic.com/science/archive/2018/03/nasa-james-webb-telescope-delays/556619/


Voyager 2 : A la frontière de l’espace interstellaire

Parmi les programmes les plus mythiques de la NASA, il y en a une qui se démarque par ses missions et par sa durée : le programme Voyager.

Ce programme comprend deux missions réalisées par deux sondes : Voyager 1 et Voyager 2. Depuis leurs lancements en 1977, ces satellites explorent notre système solaire et même plus loin.

Voyager 1 et 2. Source : NASA

Ces deux satellites sont notamment connu pour transporter en outre du matériel scientifique, un disque  nommé le « Voyager Golden Record » (Le disque d’or).

Plus être plus précis sur les missions des deux sondes, ces dernières ont pour mission d’explorer les astres après la ceinture d’astéroïdes. Pour ce faire, ces deux sondes ont utilisé l’assistance gravitationnelle (principe de la fronde) pour obtenir une vitesse suffisante pour se libérer de l’attraction gravitationnelle du Soleil (une vitesse d’éloignement de plus de 17 km/s pour les deux sondes par rapport au Soleil).

Trajectoires des différents satellites de la NASA

Afin de rendre l’étude des astres tels que Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton de façon optimisée, les deux sondes possèdent une trajectoire différente.  Ainsi, Voyager 1 et 2 ont pu réaliser le survol de nombreux astres et effectuer des photographies et des analyses de ces astres.

Comme nous avons pu l’expliquer précédemment, l’autre objectif des deux sondes est d’explorer les limites de notre système solaire. Il existe deux frontières dans notre système solaire : la frontière du choc terminal et l’héliopause:

  • Le choc terminal (75 à 90 ua)  est un phénomène où la vitesse des vents solaires est inférieure à la vitesse du son interstellaire (100 km/s). Dans cette zone, nous voyons apparaître un phénomène de compression, un réchauffement et aussi une modification du champ magnétique.
  • L’héliopause est la frontière où les vents solaires rencontrent le milieu interstellaire. La difficulté de cette frontière est relativement difficile à déterminer.

Représentation du choc terminal et de l’héliosphère. Source : NASA, JPL-Caltech

Du fait que Voyager 1 a survolé moins d’astres, elle a pu franchir ces différentes zones plut tôt. Cela s’est réalisé en 2004 pour le choc terminal et en 2013 pour l’héliosphère.

Cette semaine, Voyager 2 est sur le point de traverser cette fameuse héliosphère. En effet, les capteurs à bord de Voyager 2 ont pu enregistrer une légère augmentation des rayons cosmiques entre le début et la fin du mois d’août. La connaissance des différentes frontières vont nous permettre d’avoir une meilleure compréhension de notre système solaire et ainsi comprendre ce qui peut se passer dans d’autres systèmes avec des exoplanètes. Pour l’instant, il ne reste plus qu’à attendre l’évolution de ces mesures pour connaître le moment où nous franchirons cette frontière.

Sources :

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronautique-voyager-2-serait-proche-frontiere-espace-interstellaire-13892/

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/systeme-solaire/la-sonde-voyager-2-est-elle-sortie-du-systeme-solaire_128426

https://solarsystem.nasa.gov/resources/720/pioneer-trajectories/