[The Spatial Times] Résumé du 12 octobre

Bienvenue à la huitième édition de The Spatial Times ! Voici le résumé de cette semaine !

Télescope Hubble : Problème à bord !

Dans le domaine des télescopes, il y a en un qui se démarque par sa localisation et par ses performances : le télescope Hubble.

Télescope Hubble vue depuis la navette spatiale Discovery. Source : NASA

Opérationnel depuis 1990, ce télescope est un bijou de technologies qui l’avantage d’être dans l’espace. Cela  lui permet de s’affranchir des perturbations liées à l’atmosphère terrestre. Avec son miroir de plus de 2 mètres de diamètre et une distance focale de 57,6 m, le télescope Hubble nous a déjà permis de réaliser de très grandes avancées en astronomie. Nous pouvons citer à titre d’exemple, la fameuse photo du champ profond en décembre 1995.

Champ profond de Hubble. Source : NASA

Cette photographie effectuée dans une zone “a priori” remplie uniquement de quelques étoiles a été une révolution dans le monde scientifique. Avec cette photographie de 2,5 minutes d’arc soit 2,5/60 de dégrée, il y a plusieurs milliers de galaxies. Cela veut ainsi dire que sur une zone équivalent à un bouton de chemise placé à 25 mètres, il y a plus de trois milles de galaxies.  En connaissant cela et en vérifiant dans d’autres zones, nous avons pu établir qu’il y a plus de 100 milliards de galaxies. Cette découverte nous a permis d’avoir une bien meilleure compréhension de notre Univers.

Malgré un palmarès impressionnant du télescope Hubble, ce dernier commence à subir les effets du vieillissement de ces composants. En effet, depuis quelques jours, un des gyroscopes de Hubble est désormais hors-service. Un gyroscope est un appareil qui en tournant sur lui-même conserve sa position initiale malgré les efforts réalisés sur ce dernier. En appuyant sur ce principe, Hubble est capable de s’orienter dans l’espace en prenant appui sur ses gyroscopes.La situation est critique car il ne reste plus que deux gyroscopes fonctionnels sur les six de base. Il faut au minimum trois gyroscopes pour effectuer des photographies de l’espace correctement.

Par mesure de sécurité, la NASA a décidé de mettre le télescope en mode Veille. La bonne nouvelle dans cet incident problématique est que la NASA savait que cela allait arriver un jour. L’agence spatiale américaine a déjà anticipé cet événement et cette dernière est en train de résoudre ce problème. Normalement, le télescope pourra reprendre ses activités mais demandera plus de temps pour effectuer ses manœuvres dans l’espace.

Cet événement est signe que le développement du successeur de Hubble, le télescope James-Webb devient de plus en plus urgent.  La pression sur ce futur télescope est d’autant plus importante que ce dernier subit depuis plusieurs années des retards de développement et nécessite une augmentation de budget chaque année.

Télescope James-Webb. Source : NASA

Pour nous rassurer, nous pouvons nous appuyer sur les observatoires terrestres. En effet, depuis quelques années, ces observatoires utilisent des miroirs à géométrie variable qui permettent de minimiser les perturbations de notre atmosphère. Malgré cela, il sera indispensable de garder un œil sur cette situation car le domaine de la recherche spatiale risque d’être grandement affectée si la situation s’aggrave.

Sources :

http://www.astronomy.com/news/2018/10/hubble-space-telescope-in-safe-mode-after-gyro-failure

https://www.theverge.com/2018/10/8/17951512/nasa-hubble-space-telescope-gyroscope-failure

https://www.theatlantic.com/science/archive/2018/03/nasa-james-webb-telescope-delays/556619/


Voyager 2 : A la frontière de l’espace interstellaire

Parmi les programmes les plus mythiques de la NASA, il y en a une qui se démarque par ses missions et par sa durée : le programme Voyager.

Ce programme comprend deux missions réalisées par deux sondes : Voyager 1 et Voyager 2. Depuis leurs lancements en 1977, ces satellites explorent notre système solaire et même plus loin.

Voyager 1 et 2. Source : NASA

Ces deux satellites sont notamment connu pour transporter en outre du matériel scientifique, un disque  nommé le “Voyager Golden Record” (Le disque d’or).

Plus être plus précis sur les missions des deux sondes, ces dernières ont pour mission d’explorer les astres après la ceinture d’astéroïdes. Pour ce faire, ces deux sondes ont utilisé l’assistance gravitationnelle (principe de la fronde) pour obtenir une vitesse suffisante pour se libérer de l’attraction gravitationnelle du Soleil (une vitesse d’éloignement de plus de 17 km/s pour les deux sondes par rapport au Soleil).

Trajectoires des différents satellites de la NASA

Afin de rendre l’étude des astres tels que Jupiter, Saturne, Uranus, Neptune et Pluton de façon optimisée, les deux sondes possèdent une trajectoire différente.  Ainsi, Voyager 1 et 2 ont pu réaliser le survol de nombreux astres et effectuer des photographies et des analyses de ces astres.

Comme nous avons pu l’expliquer précédemment, l’autre objectif des deux sondes est d’explorer les limites de notre système solaire. Il existe deux frontières dans notre système solaire : la frontière du choc terminal et l’héliopause:

  • Le choc terminal (75 à 90 ua)  est un phénomène où la vitesse des vents solaires est inférieure à la vitesse du son interstellaire (100 km/s). Dans cette zone, nous voyons apparaître un phénomène de compression, un réchauffement et aussi une modification du champ magnétique.
  • L’héliopause est la frontière où les vents solaires rencontrent le milieu interstellaire. La difficulté de cette frontière est relativement difficile à déterminer.
Représentation du choc terminal et de l’héliosphère. Source : NASA, JPL-Caltech

Du fait que Voyager 1 a survolé moins d’astres, elle a pu franchir ces différentes zones plut tôt. Cela s’est réalisé en 2004 pour le choc terminal et en 2013 pour l’héliosphère.

Cette semaine, Voyager 2 est sur le point de traverser cette fameuse héliosphère. En effet, les capteurs à bord de Voyager 2 ont pu enregistrer une légère augmentation des rayons cosmiques entre le début et la fin du mois d’août. La connaissance des différentes frontières vont nous permettre d’avoir une meilleure compréhension de notre système solaire et ainsi comprendre ce qui peut se passer dans d’autres systèmes avec des exoplanètes. Pour l’instant, il ne reste plus qu’à attendre l’évolution de ces mesures pour connaître le moment où nous franchirons cette frontière.

Sources :

https://www.futura-sciences.com/sciences/actualites/astronautique-voyager-2-serait-proche-frontiere-espace-interstellaire-13892/

https://www.sciencesetavenir.fr/espace/systeme-solaire/la-sonde-voyager-2-est-elle-sortie-du-systeme-solaire_128426

https://solarsystem.nasa.gov/resources/720/pioneer-trajectories/

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